La cryptorchidie (ou ectopie testiculaire) correspond à l’absence de descente d’un ou des deux testicules dans le scrotum. Assez fréquente chez le chien (1 à 15 % selon les études), elle reste plus rare chez le chat (1 à 3,8 %). On parle de monorchidie quand un testicule ne se développe pas (agénésie) et d’anorchidie quand aucun ne se développe — à ne pas confondre avec une cryptorchidie unilatérale.
Comment se forme l’anomalie ?
Pendant la vie embryonnaire, les testicules naissent dans l’abdomen, en arrière des reins. Reliés au scrotum par le gubernaculum testis (une bande fibreuse), ils migrent vers leur position finale au fil de la croissance fœtale. En cas de défaut de migration, le(s) testicule(s) peut/peuvent rester en position abdominale, inguinale (aine) ou sous-cutanée en avant du scrotum.
Côté atteint, races concernées
Dans ~80 % des cas, un seul côté est touché (certaines séries suggèrent un biais droit). Des races sont plus exposées : Berger Allemand, Boxer, Bulldog anglais, Caniche, Chihuahua, Husky sibérien, Pomeranian, Schnauzer nain, Shetland, Teckel, Yorkshire.
Chez le chat, le Persan semble plus à risque et la descente peut être plus tardive (6–8 mois). Avant la puberté, les testicules peuvent rester mobiles dans l’anneau inguinal (“testicules ascenseurs”), d’où l’intérêt d’attendre 8 mois avant de conclure.
Dimension génétique
Une composante héréditaire (gènes autosomes récessifs à pénétrance incomplète) est fortement suspectée. Éviter la reproduction des animaux atteints est recommandé.
Impact sur la fertilité
- Cryptorchidie bilatérale (testicules abdominaux) : spermatogenèse altérée (température trop élevée) → stérilité. La testostérone est généralement conservée.
- Cryptorchidie unilatérale : fertilité possible, mais diminuée (testostérone plus basse, libido moindre, éjaculat de moins bonne qualité).
Risques pour la santé
Les deux complications majeures sont :
- Tumeurs testiculaires sur le testicule non descendu (risque ×10).
- Torsion testiculaire, urgence douloureuse.
Reconnaître une cryptorchidie
La descente complète survient vers 40 jours après la naissance (variations raciales). On pose un diagnostic définitif après 6 mois chez le chien et 7–8 mois chez le chat.
- Palpation : un testicule inguinal ou sous-cutané peut être palpé.
- Échographie : utile pour localiser un testicule abdominal.
- Dosages hormonaux : en cas d’absence bilatérale, ils aident à distinguer une cryptorchidie bilatérale d’une anorchidie.
- Chez le chat, la présence de spicules pénien indique une sécrétion hormonale : les testicules existent mais ne sont pas descendus.
Quelles options de traitement ?
Approches médicales
Chez le chiot < 3 mois, des traitements hormonaux (efficacité controversée) peuvent favoriser la descente dans ~50 % des cas. Même en cas de succès, éviter la reproduction (risque de transmission de l’anomalie).
Des approches homéopathiques ou manœuvres ostéopathiques sont parfois proposées, avec des résultats aléatoires. Chez le chat, les traitements hormonaux ne sont pas décrits.
Chirurgie : la solution de référence
La castration du testicule ectopique est vivement recommandée ; on retire souvent l’autre pour prévenir la reproduction. Il est possible de faire analyser le testicule retiré.
- Repositionnement dans le scrotum : envisageable chez le chien mais doit s’accompagner d’une vasectomie bilatérale (sinon, fraude pour le LOF).
- Techniques : chirurgie classique ou cœlioscopie (mini-invasive) selon l’équipement.
Après une courte convalescence, l’animal reprend une vie normale.
Points de législation (France)
- Chien : diagnostic juridique possible à partir de 6 mois. La cryptorchidie est un vice rédhibitoire (loi du 22 juin 1989). Toutefois, le Code rural (décret du 28 juin 1990) impose un délai de 30 jours après la vente pour agir, ce qui limite l’application pratique (chiots souvent vendus avant 5 mois).
- Garantie conventionnelle : possible pour vice caché antérieur si l’animal a été vendu pour la reproduction ; le vendeur doit mentionner le défaut sur le certificat vétérinaire.
- Chat : pas de vice rédhibitoire ; la garantie conventionnelle pour vice caché reste envisageable chez les reproducteurs.
À retenir
Échec de descente d’un ou deux testicules, risque tumoral accru, fertilité compromise en bilatéral. Diagnostic par examen, imagerie et, si besoin, hormones. Traitement de choix : chirurgie, avec prévention de la reproduction des sujets atteints.