Dysplasie de la hanche chez le chat

La dysplasie de la hanche (ou dysplasie coxo-fémorale) ne concerne pas que le chien : elle touche aussi le chat. Moins souvent diagnostiquée car les félins masquent la douleur et adaptent leurs mouvements, elle reste traitable si elle est repérée à temps.

Qu’est-ce que la dysplasie de la hanche ?

La hanche unit bassin et fémur. Normalement, la tête fémorale s’emboîte dans la cavité du bassin grâce à la capsule articulaire, aux muscles et au ligament de la tête du fémur.
Dans la dysplasie, une anomalie de développement (cavité pas assez creusée, laxité ligamentaire, tête trop plate) crée du jeu dans l’articulation. Cela provoque inflammation, lésions des cartilages/ligaments/os, parfois luxation et, presque toujours, de l’arthrose secondaire.
Cette malformation peut être unilatérale, mais elle est souvent bilatérale. La maladie est héréditaire, avec des mécanismes complexes ; des facteurs non génétiques (obésité, traumatismes) aggravent la situation.

Quels chats sont concernés ?

La dysplasie est rare chez les chats de gouttière et plus fréquente en races pures, surtout lourdes : Maine Coon, Persan, Birman, etc.

Symptômes : souvent discrets

Les signes évidents (démarche raide, boiterie, difficulté à sauter) n’apparaissent que chez les chats sévèrement atteints. La majorité compense et montre peu de symptômes. Soyez attentif à :

  • Ne saute plus sur table/chaise/canapé, dort au sol
  • Évite les escaliers
  • Joue moins ou plus du tout
  • Toilette réduitepoil terne et emmêlé
  • Griffes peu usées (bruit de pas sur parquet/carrelage)
  • Accidents à côté de la litière (rebord trop haut)
  • Réagit aux caresses/portés
  • Maigrit si la gamelle est en hauteur

Un chat sur cinq avec arthrose des hanches serait dysplasique. À l’inverse, certains chats ne montrent aucune douleur : l’anomalie est découverte par hasard lors d’une radiographie.

Diagnostic : la radiographie de référence

Le diagnostic se confirme par radiographie. Pour être interprétable, le chat est allongé sur le dos, postérieurs parallèles ; une tranquillisation (ou anesthésie flash) est souvent nécessaire.
Le vétérinaire évalue l’orientation des têtes fémorales, gradue la sévérité, recherche luxation et signes d’arthrose (proliférations osseuses).
Attention : la sévérité radiologique ne correspond pas toujours à l’intensité des symptômes.

Traitements : soulager et adapter

Voie médicale (comme pour l’arthrose)

Des anti-inflammatoires et antalgiques adaptés au chat peuvent être prescrits au long cours en toute sécurité. Les thérapies complémentaires (compléments, phytothérapie, physiothérapie, homéopathie) peuvent aider en appui.

Aménagements du quotidien

  • Brossage régulier pour l’aider à sa toilette
  • Bac à litière à rebords bas
  • Gamelles au sol (multipliez les points d’accès si la maison est grande)
  • Marches/rampes pour limiter la hauteur des sauts
  • Cachettes au ras du sol (carton percé)
  • Couchages moelleux (coussins supplémentaires)

Gestion du poids : en cas d’excès pondéral, mettez en place une alimentation adaptée et stimulez l’activité (jeux), car le surpoids aggrave la douleur et la dégénérescence.

Option chirurgicale

Si la médication ne suffit pas, une exérèse de la tête fémorale peut supprimer la douleur. Les muscles stabilisent ensuite l’axe, permettant une bonne qualité de vie.

Reproduction et dépistage

Avant reproduction dans une race à risque, une radiographie des hanches est prudente pour ne pas diffuser la dysplasie. La maladie étant congénitale, les signes radiologiques sont indépendants de l’âge et visibles tôt, même sans arthrose ni symptôme.
De nombreux éleveurs dépistent systématiquement leurs reproducteurs : les interprétations fiables se font après 1 an ; avant, les résultats restent provisoires.

Dr Thierry R.

Vétérinaire depuis 2009 basé dans la Somme, je partage mes connaissances sur Vetodome pour rendre l’expertise vétérinaire accessible à tous, gratuitement !